Séance virtuelle n° 7 du 08/03/12

Déroulé intégral de la séance du 08/03/12

[08/03/12 20:59:33] Olivier Bleys: Bonsoir

[08/03/12 21:27:22] atelier_Karoliina Vesa: Bonsoir!

[08/03/12 21:31:05] atelier_Juliette Porte: Bonsoir!

[08/03/12 21:31:49] Olivier Bleys: Ce soir, je voulais vous inviter à travailler (jouer, plutôt) un peu avec les titres.

[08/03/12 21:32:16] Olivier Bleys: tout d'abord, un livre que je vous recommande, dont je vais tirer certains exemples de ce soir

[08/03/12 21:32:40] Olivier Bleys: Il s'agit de " le Nouveau Nouveau Magasin d'écriture " de Hubert Haddad, aux éditions Zoé.

[08/03/12 21:33:01] Olivier Bleys: Ce livre fait suite au… " Nouveau Magasin d'écriture " de Hubert Haddad, chez le même éditeur.

[08/03/12 21:34:05] Olivier Bleys: C'est une sorte de fourre-tout, de pêle-mêle littéraire qu'il serait un peu long de décrire ici. Mais, ce qui nous intéresse surtout ce soir, c'est qu'on y trouve du " matériel pour écrire " : des idées de récits, des propositions de titres ou de situations.

[08/03/12 21:34:16] Olivier Bleys: Ce soir, je vous propose de nous concentrer sur les TITRES !

[08/03/12 21:34:46] Olivier Bleys: A partir de certains titres que je vais vous donner (tirés de ce livre, donc), il s'agira d'inventer en quelques lignes l'histoire, ou la scène qui va avec.

[08/03/12 21:34:55] Olivier Bleys: Ça vous tente ?

[08/03/12 21:35:26] atelier_Karoliina Vesa: Oui, ca semble une exercice intéressante, à part!

[08/03/12 21:36:40] Olivier Bleys: Pas si " à part " que ça, en réalité, car, quand vous publierez des livres (  :) ), vous découvrirez que pour la plupart des auteurs, trouver le titre est extrêmement difficile !!!!!

[08/03/12 21:36:49] atelier_Juliette Porte: C'est vrai que c'est super important les titres, des fois j'en prends un en librairie juste parce que le titre est tentant. Et puis inventer un scène à partir d'un titre me changera parce que d'habitude je choisi mes titres après avoir écrit au moins plusieurs pages de ce que j'écris et des fois, je trouve le titre seulement après avoir écrit tout mon texte

[08/03/12 21:37:06] Olivier Bleys: Tant mieux, si ça répond à une attente !

[08/03/12 21:37:11] Olivier Bleys: Voilà une première sélection.

[08/03/12 21:37:27] Olivier Bleys: Vous pouvez piocher le titre qui vous intéresse dans cette liste… et travailler un peu dessus.

[08/03/12 21:40:31] Olivier Bleys: L'escalier mouvant aux marches croissantes

Petite paranoïa pour un lecteur choisi

Le phare aux dix-sept naufrages

Le gardien des tempêtes

Pourquoi je m'étais trompé d'enfer

[08/03/12 21:40:45] Olivier Bleys: D'autres… :

[08/03/12 21:41:38] Olivier Bleys: Je ne sais plus où mourir

Le promeneur de la nuit

Le lecteur et son ombre

L'abattoir galant

La fenêtre aux adieux

Où donc est le barbare ?

[08/03/12 21:41:51] Olivier Bleys: Y en a-t-il un ou plusieurs dont vous voudriez vous emparer ?

[08/03/12 21:42:10] atelier_Karoliina Vesa: "Pourquoi je m'étais trompé d'enfer" me tente

[08/03/12 21:43:14] atelier_Juliette Porte: "Petite paranoïa pour un lecteur choisi"

[08/03/12 21:44:11] Olivier Bleys: Alors voilà, les rôles sont attribués ! Au travail ! Un petit texte de quelques lignes suffira. Je vois plutôt un résumé du livre à venir qu'un vrai texte littéraire. Ce qui constitue l'exercice, c'est de refléter le titre dans une trame narrative.

[08/03/12 21:49:09] Olivier Bleys: Inspirés ?

[08/03/12 21:49:15] atelier_Juliette Porte: C'est un bouquin entre deux autres sur une étagère d'une bibliothèque, et en fonction du caractère du lecteur qui va le prendre, il lui raconte une histoire à sa mesure. Au début, les pages sont toutes blanches et ensuite les lettres s'affichent au fur et à mesure que le lecteur "lit". Pour quelqu'un qui aime les romans d'amour, ce sera une histoire d'amour, pour quelqu'un qui aime la SF, ce sera SF, etc.

[08/03/12 21:51:14] atelier_Juliette Porte: Mais au bout d'un moment le livre se rend compte que seuls une certaines catégorie de lecteur est inspiré par son titre et le choisit sur l'étagère: les lecteurs d'histoires absurdes par exemple. Du coup il ne raconte que des histoires absurdes. Au bout d'un moment il en a marre et fait des histoires sous forme de paranoïa

[08/03/12 21:52:05] atelier_Juliette Porte: On n'a qu'à dire qu'au début son titre est "histoire pour un lecteur choisi". Et après il change son titre en "petite paranoïa pour un lecteur choisi"

[08/03/12 21:52:06] Olivier Bleys: @Juliette : prometteur. J'aime cette idée du livre-miroir, qui reflète son lecteur. D'une certaine façon, c'est une métaphore du livre numérique dont les pages-écrans sont blanches avant de se remplir de ce qu'attend le lecteur !

[08/03/12 21:52:48] Olivier Bleys: En revanche, je crois un peu moins à la conversion du titre. Peut-être faut-il trouver autre chose ? Insister sur le " choix " du lecteur par le livre, puisqu'on parle de " lecteur choisi " ?

[08/03/12 21:53:22] Olivier Bleys: Un livre qui se dérobe, qui fuit, qui brûle les doigts, qui se referme en claquant et en pinçant les mains du lecteur, s'il ne lui plaît pas ?

[08/03/12 21:53:49] Olivier Bleys: Et dès lors, les lecteurs développeraient un sentiment de persécution (de paranoïa) envers ces romans mal embouchés.

[08/03/12 21:56:36] atelier_Juliette Porte: Ah oui, ça serait drôle! Je ne le voyais pas comme ça, je me disais que le livre voulait raconter plein d'histoires différentes et finalement, à force de raconter toujours la même chose, décidait de se "venger" en faisant peur aux lecteurs qui le lisaient. C'est drôle comme l'approche d'une histoire en fonction d'un titre peut être différente. On peut peut-être trouver un mixte?

[08/03/12 21:57:44] Olivier Bleys: Bien sûr !

[08/03/12 21:57:47] Olivier Bleys: A quoi penses-tu ?

[08/03/12 21:59:25] atelier_Juliette Porte: La paranoïa peut être des deux côtés: pour le lecteur qui a peur en lisant des histoires qui reflètent exactement son caractère, ou qui a peur du livre qui brûle, claque les doigts etc (le sentiment de persécution), et pour le livre qui développe aussi la paranpïa de devoir raconter toujours la même chose, et qui du coup devient méchant (et brûle et claque les doigts, etc. -j'adore cette image!)

[08/03/12 22:01:57] Olivier Bleys: En effet, ça peut marcher des deux côtés. Je pense que c'est assez neuf et porteur de présenter le livre comme un objet dangereux, physiquement tel. On oublie trop souvent qu'un livre tombé d'une étagère haute peut assommer, que les feuilles parfois coupent, que les coupe-papiers utilisés autrefois pour diviser les feuilles d'imprimerie peuvent devenir poignards ! C'est amusant de se représenter une bibliothèque ou une librairie, lieu paisible et pacifié, comme un endroit dangereux !

[08/03/12 22:04:16] atelier_Juliette Porte: Oui, c'est vrai! On part d'un seul livre et du coup, c'est comme si toute la librairie devenait inquiétante, alors que tous les autres livres sont inoffensifs. L'amour des livres peut triompher, et le libraire finit par vendre son bouquin qui continuera de sévir ailleurs, et ainsi de suite.

[08/03/12 22:06:10] Olivier Bleys: Un livre maudit ? Il me semble que cette ficelle, pour le coup, a déjà été utilisée. Le livre qui tue son propriétaire, le livre qu'on ne doit pas acquérir ni posséder sous peine de mort !

[08/03/12 22:08:21] Olivier Bleys: Et toi, Karoliina, tu avances ?

[08/03/12 22:08:30] atelier_Juliette Porte: Je crois que je suis tombée dans le piège de cette idée et que j'ai même compris pourquoi: incapable d'assumer que toute une librairie soit perçue comme dangereuse.

[08/03/12 22:08:58] atelier_Karoliina Vesa: Oui, j'ai encore à finir la dernière phrase (et ne pas à ajouter une dernière phrase après cette phrase!)

[08/03/12 22:09:47] Olivier Bleys: @Juliette : pourtant, dans certaines périodes sombres de notre histoire, entrer dans une librairie ou la fréquenter assidûment, c'était très subversif ! Et je ne parle de certains livres délicats dont la possession pouvait valoir la mort à leur lecteur…

[08/03/12 22:12:13] atelier_Juliette Porte: Eh oui! Du coup, je préfère qu'on reste à la librairie "dangereuse" avec les dictionnaires qui assoment les clients pendant que le libraire dort à l'entrée (pas besoin de veiller, les livres sont là! :D)

[08/03/12 22:13:27] Olivier Bleys: Et puis, les livres sont-ils à ce point désirables, aujourd'hui, qu'on veuille les voler ? Pour un auteur, de nos jours, c'est presque un compliment d'être volé !

[08/03/12 22:16:23] atelier_Juliette Porte: Les livres ont à ce point perdu leur attrait? Je suis restée dans l'idée que quand on vole un livre c'est parce qu'on ne le trouve justement pas suffisamment attrayant pour l'acheter. C'est une vision old-fashion?

[08/03/12 22:17:35] Olivier Bleys: Tu peux répondre à cette question mieux que moi ! C'est dans ta génération surtout que ces tensions s'affirment. J'appartiens encore à la culture de l'écrit, même si enfant, comme tous ceux de mon âge, je regardais beaucoup le petit écran.

[08/03/12 22:18:54] atelier_Karoliina Vesa: Finalement mon "résumé d'histoire" est achevé!

[08/03/12 22:19:03] atelier_Karoliina Vesa: Sinéad, étudiante en médecine à Mumbai, se trouve dans une situation perdant-perdant lorsque son frère reçoit le diagnose d'une maladie rare sont la cure n'est pas disponible qu'aux pays développés. Persuadée par les possibilités infinies de "l'Ouest dorée" et seul gardien de son frère, elle met toute son espoir et son argent pour s'installer à New York. Une femme éduquée et intelligente, Sinéad ne s'attendait pas à une vie facile - problèmes d'adaptation à une culture à part, racisme, problèmes économiques... Pourtant, le cauchemar le plus flagrant avère être son frère.  Pour avoir tout sacrifié - futur carrière, son pays natal, son fiancé -, il devient de plus en plus dur à Sinéad de voir son frère, persuadé de ne plus avoir beaucoup de temps de vie devant lui, sombrer dans une vie remplie par les plaisirs éphémères et sans direction de son frère. Au même temps que l'amertume de Sinéad envers son frère la pousse vers une dépression, elle tente de gagner d'argent en spéculant sur des marchés financières et, à son surprise, en a un vraie talent. Lorsque l'argent pour la remède est réuni, Sinéad n'a plus que de mépris pour son frère et, sa raison devenue flou par son état d'esprit dépressif, laisse des centaines de messages d'au secours dans un journal. C'est alors qu'elle fait connaissance de Gareth, séduisant mais curieusement prêt à aider des inconnus - de vraie souffrant d'une addiction et souhaitons s'y guérir à l'aide de Sinéad, mais finalement l'emportant avec lui dans ce monde. Comme appartnenat à plusieurs cercles de l'enfer de Dante, Sinéad s'est trompé aussi bien de ses adversaires que de la manière de s'en sortir de sa situation.

[08/03/12 22:20:00] atelier_Karoliina Vesa: Je l'imaginerai peut-être dans une forme de soit journal intime, soit tout simplement une narration au 1er personne du singulier

[08/03/12 22:23:01] Olivier Bleys: Intéressant, de mêler un échec patent (celui de la jeune femme qui a tout abandonné pour s'expatrier, et ne parvient à reconstruire aussitôt sa vie) et un succès inespéré, celui des opérations financières qu'elle entreprend.

[08/03/12 22:23:10] Olivier Bleys: Mais que devient le frère ?

[08/03/12 22:23:37] Olivier Bleys: A-t-il son traitement, ou meurt-il — peut-être non de sa maladie, mais de ses nouveaux abus ?

[08/03/12 22:25:44] atelier_Karoliina Vesa: Peut-être un peu cliché, mais après se rendre compte que sa vie continue, il se trouve stupéfait et pour un moment "sur le vide". Peut-être qu'il réussit à se créer une vie tout à fait riche et digne de respect, davantage aggravant le regret et la rancune de sa soeur

[08/03/12 22:27:07] Olivier Bleys: Idée intéressante, que celle d'un " transfert " de la sœur vers le frère, comme s'il lui avait volé sa vie, voire pompé son énergie vitale (mythe du vampire). Deux personnages aux destins croisés, et presque symétriques. Elle commence en haut, finit en bas ; lui, c'est l'opposé.

[08/03/12 22:27:40] Olivier Bleys: Mais en quoi, pour faire écho au titre, ces personnages se " trompent-ils d'enfer " ?

[08/03/12 22:28:26] atelier_Juliette Porte: Sinead s'est trompée d'enfer, je crois. C'est bien ça que tu voulais dire, Karolina?

[08/03/12 22:30:12] atelier_Karoliina Vesa: Pour Sinéad, l'enfer lui était les conditions extérieures qu'elle doit supporter pour trouver la remède pour son frère. Pourtant, elle se rend compte que l'enfer c'est sa relation avec son frère, qu'aussi bien les difficultés qu'elle rencontre avec son état d'esprit

[08/03/12 22:31:10] Olivier Bleys: DEs enfers imbriqués ! Comme, en effet, les différents cercles de Dante…

[08/03/12 22:31:27] atelier_Karoliina Vesa: Juliette: en effet! C'est vraie qu'il demeure le problème du frère qui n'adhère pas au titre en tant qu'une personnage active, plutôt comme un "objeT2

[08/03/12 22:31:52] atelier_Juliette Porte: Pas besoin que le frère adhère au titre.

[08/03/12 22:32:54] atelier_Juliette Porte: Le titre dit bien "je" et tu dis bien toi-même que tu vois le récit sous forme de journal intime ou de récit à la première personne. En tout cas, il me semble que ce n'est pas important, ça reste cohérent.

[08/03/12 22:34:34] Olivier Bleys: Il me semble qu'un autre enfer pourrait se développer autour des opérations financières. La jeune femme découvrirait dans sa relation aux " traders " et autres banquiers voyous qu'il existe des hommes vraiment sans scrupule, et qu'auprès d'eux son frère, malgré tous ses défauts, reste une " personne bien ". Cette prise de conscience tardive, alors qu'ils sont déjà fâchés, serait le citron sur la plaie…

[08/03/12 22:34:53] Olivier Bleys: Ça va mal finir, cette histoire !

[08/03/12 22:35:09] atelier_Karoliina Vesa: Oui, ca semble ainsi...

[08/03/12 22:35:12] Olivier Bleys: Le journal ou le récit à la 1ere personne serait donc signé de la jeune femme ?

[08/03/12 22:35:42] atelier_Karoliina Vesa: Puis ca serait intéressant de voir si la culture indienne (évidemment aucune homogène) a des ambiguités envers l'argent

[08/03/12 22:36:01] atelier_Karoliina Vesa: *aucunement

[08/03/12 22:36:22] Olivier Bleys: Je l'ignore. Beaucoup d'Indiens prient Ganesh pour en gagner !

[08/03/12 22:36:46] Olivier Bleys: Il ne me semble pas qu'il y ait, en Inde, un complexe de l'enrichissement comme dans l'Occident chrétien.

[08/03/12 22:37:26] Olivier Bleys: Sur ces bonnes paroles, je m'apprête à vous quitter. Bonne nuit ! Vous pouvez renouveler cet exercice des titres chez vous, quand il vous plaira. Il stimule beaucoup l'imagination…

[08/03/12 22:38:04] atelier_Karoliina Vesa: Oui, certainement une exercice à refaire

[08/03/12 22:38:05] atelier_Karoliina Vesa: Bonne nuit!

[08/03/12 22:38:28] atelier_Juliette Porte: Merci, je me suis bien amusée! Bonne nuit !