Séance virtuelle n° 3 du 14/12/12

 

 

[13/12/12 21:02:35] Olivier Bleys: Bonsoir !

[13/12/12 21:04:03] Clémentine Lamendin: Bonsoir

[13/12/12 21:04:13] victoire stahl: Bonsoir

[13/12/12 21:05:42] Olivier Bleys: Nous sommes en petit effectif, ce soir. Plusieurs d'entre vous m'ont averti qu'ils ne pourraient pas assister à la séance, pour diverses raisons : en voyage, préparant un examen ou une compétition sportive.

[13/12/12 21:06:06] Florian Baroghel: Bonsoir !

[13/12/12 21:06:20] Olivier Bleys: Je vous propose d'examiner quelques textes qui m'ont été adressés (texte de création n°2)

[13/12/12 21:06:22] Clémentine Lamendin: Oui nous avons en 1A un examen d'économie samedi

[13/12/12 21:06:32] Olivier Bleys: Voilà, c'est ce que j'ai compris !

[13/12/12 21:06:35] Clémentine Lamendin: Bonsoir Florian!

[13/12/12 21:06:44] Olivier Bleys: Alors, vous travaillez même le samedi ! @Florian : bonsoir !

[13/12/12 21:07:10] Florian Baroghel: Malheureusement oui, le repos ne nous est pas accordé !

[13/12/12 21:07:27] victoire stahl: bonsoir Florian ! Je sais pas si il y'a d'autres 3A dans le groupe, mais on a aussi pas mal de travail en ce moment

[13/12/12 21:08:08] Olivier Bleys: Allez, refermez livres, cahiers, écrans pendant une petite heure, le temps de tracer quelques lignes d'écriture !

[13/12/12 21:08:26] Olivier Bleys: Voici donc, toujours sans mention du nom d'auteur, le premier texte que j'ai reçu :

[13/12/12 21:08:36] Clémentine Lamendin: notre moment d'évasion!

[13/12/12 21:08:46] Olivier Bleys: @Clémentine : tant mieux !

[13/12/12 21:08:51] Olivier Bleys: Le premier texte, donc :

[13/12/12 21:08:52] Olivier Bleys: Tram : « FORUM »

G : Salut ! Tu vas bien ?

F : Ouais ça va et toi ?

G : Ca va… Tu fais quoi cet après-midi ?

F : Je vais aller faire les courses avec ma coloc, ça devient urgent là on n’a plus rien à manger. D’ailleurs on va prendre la voiture.

G : Ah vous avez une voiture ? Au fait, vous venez à la soirée Pharma samedi ?

F : Oui ma coloc à une voiture, c’est pratique. Et non, j’ai des examens à réviser pour lundi. Enfin je verrai bien. Ce sera en fonction de si je suis bien avancée ou pas.

G : Ok. Mais alors vous prenez la voiture pour vos courses ? 

F : Ben ouais ! Surtout qu’on fait beaucoup de courses en général. On y va une fois par semaine, enfin on essaie

G : C’est vrai que ça à l’air plus facile…mais vous pourriez prendre le Tram

 F : Ben la voiture c’est mieux. On se gare, on prend notre petit caddie, on fait nos courses

G : Ouais c’est vrai que votre arrêt vous il est à Hôtel de ville

F : Ouais...ben oui

G : Mais alors tu peux prendre le tram

F :..Ouais mais bon le tram à cette heure-ci il est toujours blindé ça fait gros sacs de courses c’est chiant. ..Mais toi ça ne change rien qu’on t’amène.

G : Non, ou alors vous me déposez devant chez moi (rires)

(…)

F : Ma coloc quand elle fait les courses elle met du temps. C’est bien tu vois elle a raison mais elle vérifie tout, la date de péremption… machin...le prix du truc…

Tram : « ROUSTAING »

G : Elle a raison en même temps. Mais c’est vrai que si elle est trop longue…

F : Ouais mais tu vois ça peut être lourd des fois, surtout que le soir comme ça je suis fatiguée et tout...et puis on a autre chose à faire quoi

G : Oui, ben oui. 

F : Bon et tu veux pas qu’on t’amène ? Parce qu’on a de la place tu sais

G : Non c’est pas mon chemin en fait, mais merci quand même.

Tram : « BARRIERE SAINT-GENES »

[13/12/12 21:09:14] Olivier Bleys: >>>>> Je m'aperçois que la mise en forme n'est pas respectée.

[13/12/12 21:10:10] Olivier Bleys: Donc, depuis " On se gare, on prend notre petit caddie " jusqu'à " Elle a raison en même temps. " (exclu), il s'agit du texte enregistré. Ce qui précède et ce qui suit est la création de l'auteur.

[13/12/12 21:10:57] Clémentine Lamendin: Il fallait le mentionner?

[13/12/12 21:12:55] Florian Baroghel: L'idée de la soirée Pharma au début est bien intégrée, dans le fil de la conversation, mais elle aurait pu être un peu plus développée plutôt que de retourner directement aux courses et à la voiture ! Sinon, on ressent bien l'ambiance des conversations de tram, où une amie nous aperçoit et viens échanger quelques mots avant de descendre trois ou quatre arrêts plus loin !

[13/12/12 21:13:55] victoire stahl: on ne repère pas du tout le passage enregistré ! J'aime bien l'utilisation du tram aussi.

[13/12/12 21:14:38] Olivier Bleys: @Clémentine : ce n'était pas obligatoire de mentionner le passage enregistré mais, personnellement, je trouve ça préférable. Cela permet de vérifier la fluidité des transitions, avant et après…

[13/12/12 21:14:59] Clémentine Lamendin: D'accord

[13/12/12 21:16:53] Olivier Bleys: L'exercice est assez réussi dans la mesure où " l'inclusion " du passage enregistré est presque indiscernable. D'un autre côté, l'exercice était facilité par le fait —probable — que les protagonistes étaient, comme l'auteur, de jeunes gens, des étudiants comme elle ou comme lui.

[13/12/12 21:17:11] Olivier Bleys: Cette proximité sociale et générationnelle rend l'approche plus facile.

[13/12/12 21:18:01] Olivier Bleys: Ce texte me séduit et m'étonne surtout par l'entrelacement des sujets, au début du dialogue : soirée pharma + la voiture.

[13/12/12 21:18:13] Florian Baroghel: Remarque secondaire : "voiture" et "courses" sont beaucoup répétés, ça rend bien le fait que c'est à l'oral, et une conversation "sur le pouce" je trouve

[13/12/12 21:18:39] Olivier Bleys: [suite du texte précédent] Cela produit, à mon sens, un petit effet comique peut-être involontaire.

[13/12/12 21:19:36] Olivier Bleys: @Florian : en effet, le lexique est assez simple ; les mêmes mots, les mêmes tournures sont sans cesse utilisés. Au bénéficie de la vraisemblance du dialogue, oui. Mais peut-être au détriment de son originalité ?

[13/12/12 21:21:27] Olivier Bleys: Florian, tu signalais au début de tes commentaires qu'une " conversation de tram " était nécessairement rapide, puisqu'elle se déroulait pendant les trois ou quatre stations partagées. C'est vrai. Et cela, d'un point de vue dramatique, ajoute à la tension et à l'intérêt de la scène. Ce qui veut être dit doit l'être rapidement, le message est promptement délivré.

[13/12/12 21:21:47] Olivier Bleys: On va à l'essentiel, sans fiortiures, sans recherche dans l'expression.

[13/12/12 21:21:57] Florian Baroghel: Je trouve que c'est là la difficulté dans l'écriture d'un dialogue, il y a des mots qui sont préférés, et qui reviennent constamment. Par conséquent, j'ai vraiment l'impression que c'est difficile d'écrire une conversation homogène, sur un seul thème, sans se répéter (surtout si on veut écrire un dialogue assez long)

[13/12/12 21:22:42] Florian Baroghel: Mais dans le cas d'une conversation rapide, c'est plus convaincant

[13/12/12 21:22:53] Clémentine Lamendin: Le dialogue est caractérisé par la redondance de toute façon

[13/12/12 21:23:12] Clémentine Lamendin: surout lorsqu'il s'agit d'un registre familier

[13/12/12 21:23:39] Clémentine Lamendin: du moins courant

[13/12/12 21:24:37] Olivier Bleys: Je pense qu'il faut savoir doser vraisemblance, réalisme (donc répétitions, lexique étroit, etc.) et intérêt littéraire. Car nombre de conversations de la vie courante, transcrites telles quelles à l'écrit, deviennent ennuyeuses. D'autant qu'elles ne bénéficient plus des apports " non verbaux " — gestes, mimiques… qui contribuent largement au message.

[13/12/12 21:25:41] Florian Baroghel: Est-ce qu'on peut introduire des "didascalies" comme dans une pièce de théâtre, sans alourdir la lecture d'une conversation "banale" ?

[13/12/12 21:25:48] Clémentine Lamendin: C'est sûrement pour cela qu'il faut susciter l'intérêt par un discours imagé et clair

[13/12/12 21:26:09] Clémentine Lamendin: avec des moments de rupture?

[13/12/12 21:27:38] Florian Baroghel: Selon la conversation, par exemple, dans un tram, un des deux protagonistes se fait bousculer par un jeune homme pressé, et se retourne pour lui jeter un regard outragé, se retourne ensuite vers son ami(e) qui hausse les épaules... Il serait peut-être intéressant d'interrompre le dialogue afin d'intégrer cet événement, même si ça ne redirige pas la conversation, non ?

[13/12/12 21:27:47] Florian Baroghel: ami ( e )*

[13/12/12 21:27:53] Florian Baroghel: (raccourcis !!!!)

[13/12/12 21:28:39] Clémentine Lamendin: oui les didascalies

[13/12/12 21:28:43] Olivier Bleys: @Florian : bien sûr, il faut ménager des " respirations " !

[13/12/12 21:28:49] Olivier Bleys: C'est très important !

[13/12/12 21:29:04] Clémentine Lamendin: je ne savais pas que c'était "autorisé"

[13/12/12 21:29:29] Olivier Bleys: Tous les quatre ou cinq échanges, environ, suspendez le dialogue par la description d'une action — même si elle n'est qu'illustrative.

[13/12/12 21:29:39] Olivier Bleys: Cela offre une respiration au lecteur.

[13/12/12 21:29:50] victoire stahl: je ne savais pas non plus, mais c'est vrai que ça peut être un moyen de rendre le dialogue plus vivant

[13/12/12 21:29:55] Clémentine Lamendin: oui et lui permet de mieux cerber la scène

[13/12/12 21:30:00] Olivier Bleys: … et ménage sa concentration.

[13/12/12 21:30:01] Clémentine Lamendin: (cerner*)

[13/12/12 21:30:11] Clémentine Lamendin: oui

[13/12/12 21:30:26] Olivier Bleys: Par exemple…

[13/12/12 21:30:32] Olivier Bleys: En reprenant le début du dialogue…

[13/12/12 21:30:34] Olivier Bleys: G : Salut ! Tu vas bien ?

F : Ouais ça va et toi ?

G : Ca va… Tu fais quoi cet après-midi ?

[13/12/12 21:31:15] Olivier Bleys: Fred sentit le téléphone vibrer dans sa paume. Sourcils froncés, il jeta un œil à l'écran, haussa les épaules et rempocha l'appareil.

[13/12/12 21:31:24] Olivier Bleys: G : je te dérange ?

[13/12/12 21:31:40] Olivier Bleys: F : pas du tout. Cette fille me colle depuis des jours. Elle ne veut pas comprendre. Tu disais quoi ?

[13/12/12 21:31:52] Olivier Bleys: G : cet après-midi…

[13/12/12 21:32:07] Olivier Bleys: F : ah ! Eh bien écoute, jeux de rôle ! On est mardi, non ?

[13/12/12 21:32:08] Olivier Bleys: Etc.

[13/12/12 21:33:07] Olivier Bleys: La petite insertion en quatrième ligne permet, d'une part et comme nous l'avons dit, de laisser respirer le lecteur et, d'autre part, donne un peu de " profondeur " au personnage, dit quelque chose de sa vie — même si le dialogue reste dans les généralités.

[13/12/12 21:33:59] Clémentine Lamendin: oui mais on passe tout de suite à un autre discours

[13/12/12 21:34:35] Clémentine Lamendin: ce n'est plus que du dialogue, enfin c'est mieux

[13/12/12 21:34:39] Florian Baroghel: Ca permet également d'orienter la discussion, afin d'éviter les temps morts, car c'est assez rare d'avoir une conversation uniquement sur des généralités (d'après mon expérience !)

[13/12/12 21:34:52] Clémentine Lamendin: oui en effet!

[13/12/12 21:35:33] Olivier Bleys: Je ne me situais pas dans le cadre de l'exercice ! Mais, déjà, dans la construction intégrale d'un dialogue.

[13/12/12 21:35:45] Olivier Bleys: En réalité, c'est une forme très souple.

[13/12/12 21:36:05] Olivier Bleys: Tout dépend de l'objectif visé. Par exemple, dans mon roman à paraître en janvier, j'ai écrit des dialogues qui impliquent d'assez nombreux personnages, s'exprimant tous en même temps — il s'agit d'une famille italienne, dans les années 1950. Attribuer chaque tirade n'aurait pas eu beaucoup d'intérêt, et aurait considérablement alourdi la scène. Alors, j'ai pris le parti d'identifier chacun par l'initiale de son prénom, sans plus d'indication.

[13/12/12 21:36:08] Olivier Bleys: Extrait :

[13/12/12 21:37:18] Olivier Bleys: D : triste affaire, ma pauvre Erminia… Le docteur est-il venu ? 

E : Oreste vous donnera tous les détails. Voulez-vous boire quelque chose ? J’ai préparé des rafraîchissements dans le salon. 

R : volontiers, j’ai si soif ! Nous avons roulé sans arrêt depuis Milan et, quoi qu’on dise, sous une capote noire la chaleur est intenable. On a beau baisser les vitres, il n’y a pas d’air. Graziella a voulu acheter des glaces. C’était une sottise. Je l’avais avertie, qu’il ne fallait pas. Ne t’avais-je pas avertie ? 

G : si, Romeo. 

R : ah ! Les glaces ont fondu, bien sûr. Il est normal que des glaces fondent, quand la température s’élève. Tant pis pour la banquette de la voiture ! J’aurai beau frotter, les taches de sucre ne partiront pas…

C : ta banquette est tachée ? Ah, Romeo ! Quelle nouvelle ! Ça me tire les larmes. 

R : va-t’en fumer dehors, ma belle-sœur. Tu pompes l’air à tout le monde ! 

C : mais fumer quoi ?

R : voilà un cigare ! Bolivar, de Cuba, le premier choix. Je l’offre à tes poumons.

[13/12/12 21:38:25] Olivier Bleys: >>> En réalité, ce n'est pas un dialogue très réaliste, personne ne s'exprime tout à fait comme ça. Mais ça n'a pas réellement d'importance. Je le répète, il convient de doser vraisemblance, naturel et intérêt narratif / littéraire.

[13/12/12 21:38:41] Olivier Bleys: Bon, je vous propose de prendre connaissance d'un autre texte parmi ceux que vous m'avez soumis.

[13/12/12 21:39:07] Olivier Bleys: - Bonjour à tous. Aujourd’hui nous allons aborder le chapitre 4 : l’exception culturelle française.  La notion d’exception culturelle devient très médiatique en novembre 1996, lors du GATT, qui est l’ancêtre de l’OMC…

- Que tout le monde reste calme ! Ceci est un enlèvement ! 

- Elle est là ! Elle est là ! Chopez-la !

- Non, lâchez-moi ! Vous n’avez pas le droit, c’est le pays des droits de l’homme ici ! Lâchez-moi ! Noon !

- Fermez-la ! Coopérez et il ne vous sera fait aucun mal.

- Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous attendez de moi ?

- Nous sommes les ELR, les Etudiants Lassés des Rattrapages. Donnez-nous les réponses à l’examen de janvier et nous vous relâcherons.

[13/12/12 21:39:59] Florian Baroghel: Ne serait-ce pas la prise d'otage qui a eu lieu à Sciences Po hier soir ?!

[13/12/12 21:40:11] Olivier Bleys: >>>>>>>>>> La partie enregistrée court depuis " Que tout le monde " jusqu'à " Lâchez-moi ! Noon ! "

[13/12/12 21:40:34] Clémentine Lamendin: une prise d'otage????

[13/12/12 21:40:43] Olivier Bleys: @Florian : il faut nous éclairer !

[13/12/12 21:40:53] victoire stahl: c'est une très bonne idée d'avoir enregistré ça :)

[13/12/12 21:41:34] Clémentine Lamendin: c'est très amusant!!

[13/12/12 21:41:55] Olivier Bleys: C'est drôle mais, sans le contexte, un peu difficile à comprendre.

[13/12/12 21:42:25] Olivier Bleys: Par exemple, j'ai du mal à saisir s'il s'agit d'une farce, d'un bizutage, d'une interruption sérieuse…

[13/12/12 21:42:30] Florian Baroghel: Haha, j'ai juste eu quelques échos par un ami ! Dans le cours d'un professeur, des étudiants cagoulés sont rentrés et ont interpreté une prise d'otage ! C'était suffisamment réaliste et osé pour arrêter le cours du professeur, mais, si je me souviens bien, ils ont quitté la salle avec la fille "kidnappée" assez rapidement ! (Dernier détail, le professeur a un nom polonais, mais je ne m'en souviens plus)

[13/12/12 21:42:56] Clémentine Lamendin: cours magustral?

[13/12/12 21:42:56] Florian Baroghel: L'ami en question est membre de l'atelier théâtre

[13/12/12 21:42:59] victoire stahl: c'est une intervention d'amnesty pour attirer l'attention sur les enlèvements d'opposants politiques dans certains pays

[13/12/12 21:43:01] Clémentine Lamendin: (magistral*)

[13/12/12 21:43:18] Clémentine Lamendin: ah d'accord!

[13/12/12 21:43:29] Olivier Bleys: Bien vu !

[13/12/12 21:43:54] Clémentine Lamendin: Dans tout les cas, le récit est bien articulé

[13/12/12 21:43:57] Florian Baroghel: D'accord, j'étais pas au courant de ça !

[13/12/12 21:44:56] Clémentine Lamendin: On sent quand même que celui-ci a été volontairement détourné dans une version comique

[13/12/12 21:45:21] Clémentine Lamendin: L'intervention de l'ELR notamment n'est pas très réaliste

[13/12/12 21:45:22] Olivier Bleys: Oui, le dialogue est fuide et fonctionne. Cependant, je continue de penser qu'une " attribution des rôles " aurait été souhaitable. A moins que ce soit délibéré, l'anonymat des personnes qui s'expriment ? Pour marquer la confusion dans laquelle se trouvaient les protagonistes ?

[13/12/12 21:45:47] Florian Baroghel: Par contre, au sujet du texte, je ne comprends pas exactement qui est enlevé : la professeure, à qui on demande les réponses, ou une élève, qui sert de monnaie d'échange ?

[13/12/12 21:46:03] Clémentine Lamendin: une élève je suppose

[13/12/12 21:46:11] Olivier Bleys: @Florian : cela rejoint ma remarque sur l'attribution des rôles.

[13/12/12 21:46:18] Florian Baroghel: oui exactement !

[13/12/12 21:46:41] Olivier Bleys: Il y a un petit problème de gradation également. On ne peut pas dire que " le ton monte ". Il est tout de suite au maximum d'intensité.

[13/12/12 21:46:43] Clémentine Lamendin: C'est vrai que le récit est assez mystérieux au sens où il laisse le lecteur une large marge d'interprétation

[13/12/12 21:47:48] Olivier Bleys: Si vous écoutez les exemples, assez nombreux, d'intrusion de manifestants divers dans un studio de radio, par exemple, vous constaterez que les choses vont assez progressivement. D'abord, ça hurle. Puis on se calme un peu, on dialogue, avant que le ton se durcisse de nouveau, jusqu'à l'évacuation ou le départ volontaire des intrus.

[13/12/12 21:48:00] Clémentine Lamendin: et comme il s'agit d'un enlèvement, cela peut très bien participer du climat de confusion

[13/12/12 21:48:23] Florian Baroghel: Selon moi, lors d'une prise d'otage, le ton devrait justement descendre : au début, la surprise, la peur (terreur), et les cris des preneurs d'otage afin de canaliser toute volonté de rébellion, et une fois que le contrôle est assuré (tout le monde au sol, les mains en évidence, loin des téléphones, etc.), le ton descend pour que les ravisseurs puissent exprimer clairement leur objectif

[13/12/12 21:48:52] Florian Baroghel: (Encore une fois, je rejoins le commentaire précédent, je ne suis pas assez rapide !)

[13/12/12 21:49:14] Olivier Bleys: Bon… voici un troisième texte

[13/12/12 21:49:19] Olivier Bleys: A : Oh tiens salut, comment tu vas ? 

B : ça va, pas trop mal, je sors d'un cours d'économie donc bon..

A : moi aussi je sors de cours, je suis bien contente de pouvoir rentrer chez moi. 

B : Au fait j'ai vu sur facebook que tu avais réalisé ton rêve finalement ! 

A : Oui ça a enfin pu se faire !! 

B : Et tu as attendu tout ce temps pour nous le dire ! 

A : Je voulais attendre quelques mois pour voir si ça marchait bien avant de me la péter avec tout ça. Ça fait 3 mois aujourd'hui. C'était mon deal ! 

B : heureuse ?

A : ça va, j'a du mal à l'être réellement car on se voit peu. Je le suis surtout lorsque je suis avec lui. J'adore quand je peux aller lui faire un coucou et même aider les professionnels à s'en occuper !

B : Oui je comprend bien. Il s'appelle comment ce petit ? 

A : Apple-coconut, c'est moi qui ait choisit le nom ! 

B : haha c'est marrant comme nom ! 

A : Tu sais pour certaines personnes ça peut paraitre idiot, mais moi avec ma passion pour les animaux, ça me tient vraiment très à coeur de parrainer un bébé paresseux du zoo ! 

 

>>>> Le texte enregistré court depuis " Ça fait 3 mois " jusqu'à " Il s'appelle comment ce petit ? "

[13/12/12 21:50:20] Olivier Bleys: Ce dialogue a un atout : il comporte une chute. Ce n'était pas demandé, mais ici, ça fonctionne bien.

[13/12/12 21:51:07] Olivier Bleys: De nouveau, petit effet comique. L'intérêt du lecteur est stimulé par le fait qu'on ne comprend pas aussitôt de quoi il s'agit, ou plutôt que différentes hypothèses se présentent successivement à l'esprit.

[13/12/12 21:51:12] Florian Baroghel: Quand on est au courant de l'extrait, le point de vue change. J'ai l'impression que les acteurs ont changé : d'adultes (ou travailleurs) à adolescents (ou étudiants) !

[13/12/12 21:51:13] Clémentine Lamendin: très surprenant!

[13/12/12 21:51:25] Clémentine Lamendin: un long suspens quand même

[13/12/12 21:53:17] victoire stahl: (possible que l'auteur dont nous ne révélerons pas l'identité se soit trompée d'une ligne dans la mise en gras de l'extrait enregistré  (wasntme) )

[13/12/12 21:53:35] Clémentine Lamendin: haha

[13/12/12 21:53:52] Olivier Bleys: Suspense jusqu'à la chute, oui. Mais surtout, fausses pistes. J'ai cru d'abord qu'il s'agissait d'une rencontre amoureuse (" je voulais attendre quelques mois pour voir si ça marchait bien "), puis d'une bonne nouvelle inattendue (gain à la loterie, etc. ; " heureuse ? ").

[13/12/12 21:54:26] Olivier Bleys: … on pouvait penser également à une naissance !

[13/12/12 21:54:30] Olivier Bleys: … humaine !

[13/12/12 21:54:32] Florian Baroghel: "Ca fait 3 mois aujourd'hui. C'était mon deal." : j'ai immédiatement pensé au fait d'arrêter de fumer, mais bon, ma perspective est biaisée !

[13/12/12 21:54:59] Clémentine Lamendin: oui c'est très déroutant

[13/12/12 21:55:18] Clémentine Lamendin: même jusqu'à apple-coconut on peut se demander s'il s'agit d'un enfant

[13/12/12 21:56:21] Florian Baroghel: Mais c'est bien travaillé, on sent que la personne veut profiter au maximum du sujet, parce que c'est quelque chose qui lui tient à coeur, et qu'elle adore en parler ! (Même si du point de vue du lecteur, ça nous pousse à élaborer des théories un peu folles !)

[13/12/12 21:56:48] Olivier Bleys: Cependant, le texte est peut-être un peu disparate. C'était une bonne idée de ménager une chute et de jouer sur les fausses pistes mais, à trop créer de mystère, on risque d'égarer un peu le lecteur.

[13/12/12 21:57:18] Olivier Bleys: Notre curiosité est stimulée, certes, mais notre impatience de donner un sens à tout cela — mise à rude épreuve.

[13/12/12 21:58:26] Clémentine Lamendin: oui c'est vrai qu'on ne pense probablelement pas assez à notre lecteur

[13/12/12 21:59:13] Clémentine Lamendin: on se donne du plaisir à écrire, mais l'écriture est en réalité un dialogue  en différé

[13/12/12 21:59:16] Olivier Bleys: Je n'exigeais pas réellement qu'on y pense. Et certaines conversations réelles peuvent, elles aussi, paraître très décousues.

[13/12/12 21:59:55] Florian Baroghel: Surtout quand les personnes discutent, sans vraiment réfléchir à ce qu'elles racontent, et sont plus préoccupées par ce qu'elles vont bien pouvoir cuisiner le soir même !!

[13/12/12 22:00:49] Olivier Bleys: De nouveau, ce dosage entre réalisme (donc éventuellement confusion, dispersion…) et construction littéraire !

[13/12/12 22:01:17] Clémentine Lamendin: mais comment le théâtre d el'absurde parvient-il à nous intéresser dans ce cas là?

[13/12/12 22:01:40] Clémentine Lamendin: je pense à la cantatrice chauve par exemple

[13/12/12 22:01:49] Clémentine Lamendin: où l'absurde devient un vrai style

[13/12/12 22:02:07] Olivier Bleys: Le ton peut être réaliste, mais le contenu tout à fait farfelu.

[13/12/12 22:02:23] Olivier Bleys: Dans l'absurde, souvent, la construction est très rigoureuse sous des apparences frivoles.

[13/12/12 22:03:21] Olivier Bleys: Les raisonnements enfantins procèdent pareillement : ils sont très logiques, imparables, pourtant les conclusions auxquelles on aboutit heurtent le bon sens.

[13/12/12 22:03:55] Olivier Bleys: Ce qui est réaliste, c'est le ton, la psychologie, la cohérence interne du personnage. Non ses propos.

[13/12/12 22:04:13] Olivier Bleys: Voià, nous avons examiné les trois textes qui me sont parvenus !

[13/12/12 22:04:39] Olivier Bleys: Cet exercice avait posé de grandes difficultés aux étudiants d'il y a deux ans — difficultés surtout logistiques, semble-t-il.

[13/12/12 22:04:55] Olivier Bleys: Peut-être les avez-vous rencontrées, aussi ?

[13/12/12 22:05:21] Olivier Bleys: Nous sommes environnés de bruits et de conversations mais, quand il s'agit de les fixer, c'est très dur.

[13/12/12 22:05:32] Clémentine Lamendin: Oui il a été délicat d'enregistrer des personnes sans se faire remarquer!

[13/12/12 22:05:42] victoire stahl: oui ça a été difficile de trouver une conversation intéressante et de prendre un enregistrement exploitable alors qu'il y'avait souvent du bruit autour

[13/12/12 22:05:50] Olivier Bleys: Je comprends…

[13/12/12 22:05:55] Florian Baroghel: Difficultés de calendrier à vrai dire ! Avec le concert de mardi, et les examens, j'ai pas eu beaucoup de temps pour m'asseoir à une terrasse de café, et quand on privilégie la voiture, la conversation s'avère limitée !

[13/12/12 22:06:30] Olivier Bleys: Bien. Promis, je ne vous infligerai plus pareille torture !

[13/12/12 22:07:01] Florian Baroghel: Haha, ce n'est vraiment pas le problème ! J'y serais parvenu, si je m'étais mieux organisé, mais ce n'est pas ma qualité première !

[13/12/12 22:09:00] Olivier Bleys: Je vous soumettrai un nouvel exercice lors de la prochaine séance présentielle, de vive voix. Et n'hésitez pas à m'envoyer de nouvelles versions des textes déjà créés, si vous souhaitez appliquer les remarques et les commentaires formulés en séance, ou encore pour bénéficier de ma lecture " directe ". C'est toi, Clémentine, qui souhaitais le faire, je crois ? Très courageux de ta part !

[13/12/12 22:09:34] Clémentine Lamendin: Oui effectivement!

[13/12/12 22:09:48] Clémentine Lamendin: Il faudrait pour ça que je trouve un peu de temps

[13/12/12 22:09:56] Olivier Bleys: Le principe de cet atelier est assez biaisé, dans la mesure où nous tentons de ramasser en quelques heures, en quelques séances, un travail qui normalement se déploie sur des mois.

[13/12/12 22:10:14] Florian Baroghel: Peut-on également envoyer des textes écrits en-dehors du cadre de l'atelier ? Afin d'avoir un point de vue sur des tentatives qui n'ont pas encore totalement abouti !

[13/12/12 22:11:40] Olivier Bleys: @Florian : bien sûr, à condition qu'ils ne soient pas trop longs ! ; - ) L'une de vos condisciples m'avait envoyé une pièce de théâtre complète, près de 150 pages. Je n'ai pas trouvé le temps de la lire entière !

[13/12/12 22:12:12] Florian Baroghel: Ah non, ma tentative non-aboutie s'arrête à quelques pages, pas d'inquiétude de ce côté-là !!

[13/12/12 22:12:31] Olivier Bleys: ;)

[13/12/12 22:13:55] Clémentine Lamendin: oh je serai bien intéréssé emoi aussi!

[13/12/12 22:14:01] Clémentine Lamendin: serais*

[13/12/12 22:14:07] Olivier Bleys: … mais, pour continuer la réflexion sur l'atelier, il n'y a pas d'écriture sans retravail personnel du texte, ad nauseam pourrait-on dire. Chez la plupart des auteurs, le premier jet n'annonce que de très loin ce qui finalement sera imprimé !

[13/12/12 22:15:10] Olivier Bleys: @Clémentine : à ta disposition, aussi ! Vous avez mon adresse. Et je ne suis pas hostile non plus, dans la mesure de mes disponibilités et des vôtres, à prendre un café en ville, en semaine, ce qui parfois est plus rapide et plus direct qu'un long échange électronique.

[13/12/12 22:15:29] Olivier Bleys: Bref, revenez régulièrement sur vos textes.

[13/12/12 22:15:41] Olivier Bleys: Relisez-les à différents moments de la journée, dans différentes humeurs.

[13/12/12 22:16:02] Florian Baroghel: Les vacances le permettront !

[13/12/12 22:16:12] Olivier Bleys: En particulier le matin, où l'on jouit normalement (tout dépend de la soirée de la veille) d'une plus grande lucidité.

[13/12/12 22:16:21] Olivier Bleys: @Florian : très bien !

[13/12/12 22:16:38] Florian Baroghel: (Par contre, je ne promets rien pour le matin haha !)

[13/12/12 22:17:15] Olivier Bleys: … ou à l'opposé, au milieu de la nuit, qui pour nombre d'auteurs est un espace de calme, donc de créativité formidable.

[13/12/12 22:17:36] Olivier Bleys: Bon, il est temps de lever cette courte séance. Bon travail, bonne écriture, et bonne nuit !

[13/12/12 22:18:18] Clémentine Lamendin: Merci beaucoup M.Bleys!!

[13/12/12 22:18:32] Florian Baroghel: Merci ! Bonne nuit / soirée / révisions (qui sait ?) !!

[13/12/12 22:18:55] victoire stahl: Merci ! Bonne soirée !

[13/12/12 22:19:01] Olivier Bleys: A bientôt…