Séance virtuelle n° 2 du 10/11/11

Déroulé intégral de la séance du 10/11/11

[09/11/11 21:36:05] Olivier Bleys: Bonsoir à toutes et à tous
[09/11/11 21:36:22] Olivier Bleys: … du moins à celles et à ceux qui ont fait l'effort de nous rejoindre, à cette heure tardive !
[09/11/11 21:37:08] Olivier Bleys: Mention spéciale à Morienn, qui nous écrit de la Réunion, et chez qui minuit a déjà sonné !
[09/11/11 21:40:16] atelier_Antoine Beaur: Présent
[09/11/11 21:40:19] atelier_Antoine Beaur: Bonsoir
[09/11/11 21:40:22] atelier_Jim Charron: Présent
[09/11/11 21:40:25] atelier_Jim Charron: Bonsoir

[09/11/11 21:41:26] Olivier Bleys: Ce soir, je comptais lire et commenter avec vous les différents textes qui m'ont été livrés sur le thème de l'observation.
[09/11/11 21:41:44] atelier_Jim Charron: "vous tous" semble une notion bien vague ce soir
[09/11/11 21:42:05] Olivier Bleys: C'est vrai !
[09/11/11 21:42:24] Olivier Bleys: Mais bon, qu'il y ait foule ou pas, nous pouvons échanger quelques mots.
[09/11/11 21:42:36] atelier_Jim Charron: bien sur
[09/11/11 21:42:53] Olivier Bleys: Remettre cette conversation à une date ultérieure risquerait d'embrouiller tout le monde.
[09/11/11 21:43:12] Olivier Bleys: Enfin, merci et bravo à ceux qui sont là !  (happy)
[09/11/11 21:43:21] atelier_Antoine Beaur: merci
[09/11/11 21:43:29] atelier_Thomas LeGuennic: bonsoir
[09/11/11 21:43:34] Olivier Bleys: Bonsoir
[09/11/11 21:44:53] Olivier Bleys: Pour mémoire, les textes que nous allons lire et commenter se trouvent tous ici, sur le blog : http://eplosiontextes.canalblog.com/
[09/11/11 21:45:57] Olivier Bleys: Voici donc le premier :
[09/11/11 21:46:19] Olivier Bleys: A bord

Je viens de monter à bord de l'Airbus 777-400 d'Air France qui va me ramener sous les tropiques, loin de mon amour, loin de ma famille...
Inconfortablement calée dans l'étroitesse du siège bleu 34L, mon estomac est noué, mes yeux humides, une moue triste et poisseuse trahit la douleur de m'envoler vers le soleil et les cocotiers réunionnais. Les gens m'observent, interrogateurs, ne comprenant sans doute pas ce qui peut motiver une telle morosité...
A ma droite, le hublot m'offre un dernier coucher de soleil parisien sur l'aile de l'avion maculée de salissures noires...orangé...scintillant...un peu réconfortant...
Mais qu'est ce que je fais dans cet avion ?
Devant moi, le petit écran qui va me divertir et me changer les idées pour les 10 prochaines heures projette l'image d'une femme jeune qui sourit dans son apparat de la compagnie. La tablette en dessous a l'air bringuebalant, le porte verre est cassé, de petites projections brunâtres de je-ne-sais-quoi me font songer que le ménage est plus que douteux et que l’appareil est vétuste...
Et si on s’écrasait ?
La pince qui ramène mes cheveux en arrière me gène pour me reposer sur l'appui tête lui aussi bleu...je la retire pour la clipper à l’anse de mon petit sac laissé à mes pieds, ramenant ainsi ma tignasse sur un visage fermé,  ce qui va peut être dissimuler mon chagrin...
Je veux descendre...je veux courir le retrouver...
Je reste assise, stoïque, figée, les deux bras sur les accoudoirs, attachée avec lâcheté pour être à l’aise, ma petite couverture beige et mon oreiller rouge offerts par la compagnie soigneusement posés sur mes genoux qui butent dans le siège devant...promenant mon regard du tarmac qui plonge peu à peu dans l’obscurité à mon annulaire gauche nouvellement embelli par mon amoureux à la dame de l’écran aux insolents qui m’entourent avant de retourner au tarmac…
 Tiens, mon jean est troué à droite…ça fait négligé…
Les larmes s'arrêtent pour reprendre de plus belles, incontrôlables…
Heureusement que je ne me suis pas maquillée…quelle anticipation !
...alors qu'autour de moi, c'est l'effervescence d'un grand départ pour l'aventure pour les uns, d'un grand retour à la maison pour les autres...
Et moi, pourquoi je suis là ? Pourquoi je m'envole vers cet inconnu désespérément familier ? A quoi ça rime ?
A ma gauche, le siège est vide. Maigre consolation que de pouvoir étendre mes jambes pendant le voyage...La dame du bout de la rangée en a l'air ravi et y expose ses deux gros sacs, ses journaux et son gilet en me souriant gentiment.
[09/11/11 21:46:31] Olivier Bleys: Merci de prendre quelques minutes pour le lire
[09/11/11 21:48:42] atelier_Antoine Beaur: Je l'ai lu, et trouvé plutôt intéressant, mais je ne sais pas si le thème de l'observation était tout à fait adapté à l'évenement narré
[09/11/11 21:49:34] Olivier Bleys: Je comprends ta remarque, Antoine, mais l'excès de détails participe selon moi de l'angoisse distillée par le texte.
[09/11/11 21:49:51] atelier_Antoine Beaur: c'est vrai
[09/11/11 21:49:51] atelier_Jim Charron: je suis plutôt d'accord pour ce qui de l'observation mais j'ai bien aimé le côté "vrai", on ressent assez bien ce qu'elle ressent
[09/11/11 21:49:57] Olivier Bleys: On a le sentiment que le personnage cherche à s'accrocher à une réalité physique, qu'il puisse maîtriser, pour évacuer son angoisse
[09/11/11 21:50:31] Olivier Bleys: La phrase " et si on s'écrasait ? " par sa position médiane, au milieu du texte, et sa briéveté, a beaucoup d'impact
[09/11/11 21:50:35] Olivier Bleys: Elle m'a saisi à la lecture
[09/11/11 21:51:21] atelier_Antoine Beaur: effectivement, j'étais passé à côté
[09/11/11 21:51:53] atelier_Thomas LeGuennic: Oui c'est vrai pour le "Et si on s'écrasait ?" Par ailleurs, je trouve qu'il y a une forme d'analogie entre la "banalité" de l'environnement décrit (une cabine d'avion) et la banalité/famaliarité ("désesespérante") que le narrateur va retrouver et qu'il semble regretter.
[09/11/11 21:52:52] Olivier Bleys: Oui, thomas. C'est un texte aux nombreuses alternances : descriptions concrètes / évocations de sentiments et d'impressions ; ici que je quitte / là-bas où je vais ; moi / les autres, etc.
[09/11/11 21:53:54] Olivier Bleys: Je dois reconnaître qu'à la toute première lecture, ou plutôt à la lecture des toutes premières lignes, ça m'a semblé un peu bancal. J'étais peu convaincu par le style, par l'expression. En revanche, j'ai rapidement été saisi par l'efficacité du récit
[09/11/11 21:55:07] atelier_Thomas LeGuennic: Est-ce que le fait qu'il s'agisse d'une description signifie automatiquement que la description offerte soit "réaliste" ; je veux dire : est-ce que la description "à bord" est juste celle d'un avion ou d'un autre environnement, peut être élargie à un sentiment plus général (une sorte de métaphore…). Ou bien est-ce qu'élargir à ce point l'analyse sape toute force au récit ?
[09/11/11 21:56:01] Olivier Bleys: Il n'est absolument pas nécessaire que la description soit réaliste.
[09/11/11 21:56:54] Olivier Bleys: Au contraire, des détails incongrus glissés dans une description (objet qui ne devrait pas se trouver là, ou détail sur lequel le regard de l'auteur s'arrête inexplicablement) peuvent, de façon assez élégante, transmettre les impressions de l'auteur.
[09/11/11 21:58:39] Olivier Bleys: Sans quitter le domaine physique et sans y mêler aucun sentiment, aucune pensée, il y a mille façons de décrire un fauteuil d'avion, par exemple : mettez l'accent sur la ceinture et les consignes de sécurité, lues dans les moindres détails, et vous soulignerez l'angoisse du passager ; insistez sur le hublot ou le petit oreiller, vous suggérerez, au contraire, le plaisir qu'il prend à ce voyage
[09/11/11 21:58:59] Olivier Bleys: En résumé : une description n'est jamais neutre.
[09/11/11 21:59:09] Olivier Bleys: Ce texte, assez habile, permet de nous le rappeler.
[09/11/11 22:00:01] Olivier Bleys: Bon
[09/11/11 22:00:06] Olivier Bleys: Il est temps de lire autre chose…
[09/11/11 22:00:09] Olivier Bleys: Voici donc :
[09/11/11 22:00:24] Olivier Bleys: Les rayons de ce soleil de midi qui tombent droit devant moi m'éblouissent en glissant sur les dalles lisses de la rue Sainte-Catherine. Mon regard ainsi empli de lumière ne se retrouve que dans l'ombre de la massive arche de pierres, une porte, donnant sur la place de la Victoire. Mais à contrejour ce sont les soucis qui m'égarent — un repère est une ancre, il vous maintient solidement arrimé dans un présent qui n'est pas toujours assez long pour vous.
Lentement, en traînant les pieds, je me suis avancé dans le monde des responsabilités, où je sens peser sur moi, partout, à chaque pas, le spectre des choses à faire, et à refaire. Tout le paradoxe est contenu dans ce lieu, dans cette salle et ses ombres légères, ces tables à l'alignement strict, rectiligne, ce grand tableau noir et vide et ses quelques traits à la craie : nous cherchons à nous libérer l'esprit dans une prison. Mais au moins, le temps d'une heure, j'ai oublié.
Oublié que l'heure suivante j'allai y replonger. L'oubli. Ouvrez les écoutilles et emplissez-vous de lumière.
[09/11/11 22:01:39] Olivier Bleys: Il y a dans ce texte, me semble-t-il, une forme d'égarement
[09/11/11 22:01:43] Olivier Bleys: Egarement spatial, je veux dire
[09/11/11 22:01:55] Olivier Bleys: On ne sait précisément ce qui est décrit
[09/11/11 22:02:16] Olivier Bleys: Le cerveau, à la lecture, peine à se composer une image juste et proportionnée de ce que l'auteur veut dépeindre
[09/11/11 22:02:38] Olivier Bleys: Le lieu, finalement, n'apparaît qu'à la fin
[09/11/11 22:02:55] Olivier Bleys: J'entends, ne se révèle en vraies formes et vraies couleurs
[09/11/11 22:03:18] Olivier Bleys: Auparavant, nous oscillons entre intériorité et extériorité, monde physique et psychique parfaitement intriqués
[09/11/11 22:03:27] atelier_Thomas LeGuennic: Je trouve ce texte plus analytique (sans jugement de valeur). Il y a une forme d'évancescence. Une chose de me gêne : la généralisation du je ("il vous maintient", "nous cherchons"), qui force l'identification du lecteur au narrateur.
[09/11/11 22:05:36] Olivier Bleys: @Thomas. C'est un texte analytique et sensible à la fois.
[09/11/11 22:06:37] Olivier Bleys: L'auteur cherche à cerner ses impression et émotions au plus près et, ce faisant, peut-être sacrifie-t-il une part de l'élan, de la dynamique nécessaire du texte
[09/11/11 22:07:53] atelier_Thomas LeGuennic: À la relecture je trouve qu'il y a une forme de télescopage entre la géographie et les sentiments qui surgissent chez l'auteur (la progression de la rue St Catherine et la sienne dans l'existence). En même temps c'est peut-être l'effet produit par l'observation…
[09/11/11 22:08:39] Olivier Bleys: Oui, je crois que c'est volontaire.
[09/11/11 22:09:03] atelier_Antoine Beaur: la confusion spatiale traduit pour moi la confusion mentale du narrateur
[09/11/11 22:09:34] Olivier Bleys: Il faut toujours, me semble-t-il, avoir cela à l'esprit : un texte est une onde, un cours d'eau qu'une légère pente précipite vers aval. Si cette pente est trop faible, l'intérêt du lecteur diminue et, au pire, s'éteint. Si la pente est trop forte, on lit vite sans se laisser imprégner par les lieux, les sentiments, les personnages
[09/11/11 22:09:40] Olivier Bleys: C'est un équilibre délicat à trouver
[09/11/11 22:09:52] Olivier Bleys: Dans le texte que nous avons lu, la pente, me semble-t-il, est un peu faible
[09/11/11 22:10:05] Olivier Bleys: Par excès de précision ou de recherche, l'auteur ralentit la lecture
[09/11/11 22:10:11] Olivier Bleys: … et risque, éventuellement, de perdre ses lecteurs
[09/11/11 22:10:46] atelier_Antoine Beaur: en même temps, c'est plutôt court, le manque de pente n'est pas si décourageant
[09/11/11 22:10:57] Olivier Bleys: Bien sûr
[09/11/11 22:11:11] Olivier Bleys: Mais c'est la matière sur laquelle nous devons nous forger une opinion !
[09/11/11 22:11:21] atelier_Antoine Beaur: bien sur
[09/11/11 22:11:27] Olivier Bleys: Il est certains livres qui trouvent leur rythme à la page 100 !
[09/11/11 22:11:41] Olivier Bleys: La question : gardera-t-on le lecteur jusque-là ?
[09/11/11 22:12:07] atelier_Thomas LeGuennic: Peut-être qu'ici un des problèmes vient de ce que certaines phrases s'étirent jusqu'à s'effilocher.
[09/11/11 22:14:31] Observer. Figer le temps et l’espace sur une simple feuille de papier. Ciseler les alentours le regard alerte, chercher à magnifier le commun qui nous encercle. Flirter avec la finesse des tissus que portent nos voisins de table et humer l’air à la recherche d’un parfum qui provoquerait en nous l’irrépressible envie d’écrire. Observer, simplement. Sans un geste, sans une parole, juste les yeux rêveurs à l’idée de dénicher l’inspiration qui se terre sous la crasse des vitres abandonnées au temps qui passe. Sentir son cœur s’accélérer. Impatient, enragé d’être ainsi privé de tout autre effort que celui d’observer. Entendre son écho à l’intérieur de soi, ressentir son poids venir cogner contre notre poitrine et toujours, lui imposer le silence comme ordonnance. L’obscurité de la salle dicte une atmosphère glaciale presque religieuse que le bleu azur du ciel n’arrive que trop peu à compenser. Là, sur le tableau noir de la classe, la poussière de craie a dessiné au fil des phrases effacées à la brosse, de larges vagues grisâtres rappelant étrangement les remous de la Garonne s’écoulant non loin de là. La salle semble avoir son humeur, son caractère propre. Elle grince sous le poids de ses penseurs qui la déshabillent, elle se renferme de honte à l’idée qu’ils puissent s’attarder sur les lézardes qui galopent le long de ses murs. Mais leur présence la rassure, la comble au propre comme au figuré alors, elle s’abandonne à leur regard, à leur indiscrétion, à leur curiosité malsaine mais aussi à leur angoisse de la feuille blanche, à leur peur de ne pas avoir su la contempler correctement. Dans cet endroit clos, aucun bruit ne vient perturber le silence de cathédrale qui s’y est installé hormis le vrombissement de quelques pots d’échappements et l’éclat de voix masculine que les vitres obligent à rebrousser chemin. Les mains s’agitent, brutalisent le papier du bout de leur doigt, s’empressent de faire glisser leur crayon en d’innombrables jongleries stylistiques, espérant nerveusement que leur sensibilité vaille la peine d’être lue et écoutée. Elles se dépêchent de saisir l’instant qui s’enfuit, l’instant qui se cache sous la courbure d’une épaule, sur le rouge d’un barreau de chaise, sur la tirette d’une trousse. L’instant qui dégringole sur les cheveux d’une femme, sur la sueur d’une peau. L’instant qui se meurt au pied d’une porte en bois et qui plus jamais ne sera observée.
[09/11/11 22:14:38] Olivier Bleys: Notre troisième lecture, ce soir…
[09/11/11 22:17:02] Olivier Bleys: Le texte commence comme une légère, et assez virtuose digression autour de l'énoncé et du verbe qui le résume : " observer "
[09/11/11 22:17:21] Olivier Bleys: Il se conclut de même, avec le verbe " observer "
[09/11/11 22:18:23] Olivier Bleys: Entre les deux, une rêverie bien calibrée
[09/11/11 22:18:23] atelier_Thomas LeGuennic: Je trouve ce texte assez fort.
[09/11/11 22:18:43] Olivier Bleys: Moi aussi. Ce qui en donne l'indice, c'est l'espèce de frisson ressenti au dernier mot
[09/11/11 22:18:53] Olivier Bleys: Il y a là d'indéniables qualités d'observation !
[09/11/11 22:19:30] atelier_Thomas LeGuennic: Il donne à réfléchir sur l'exerice d'écriture concernant l'observation : réifier le mouvant et le fugace, fixer et restituer ce qui est fort parce que c'est justement fuyant.
[09/11/11 22:24:08] Olivier Bleys: En effet. Dans ce récit à l'intensité immédiate (on est d'emblée au cœur du sujet, pas de gradation ni de montée en puissance), le thème de la fuite est central. L'auteur décrit avec minutie, mais aussi élan et vitesse, les efforts fournis pour retenir ce qui s'échappe — des impressions évanescentes, des presque-rien que l'œil ou l'oreille a captés, et qu'il faut fixer d'urgence dans l'écriture.
[09/11/11 22:25:14] Olivier Bleys: En vous proposant le thème de l'observation, je n'avais pas songé à cela : la sauvegarde, la conservation par le mot d'une réalité qui se dérobe. C'est donc un apport très personnel et très judicieux de cet auteur…
[09/11/11 22:27:31] atelier_Thomas LeGuennic: Il y a quelque chose qui semble assez difficile dans la description. Je veux dire dans l'économie de l'écriture : doser les adjectifs et les qualificatifs. Parfois, je trouve que certaines phrases de ces trois textes (et d'autres sans doute) semblent déséquilibrée, un peu "bancales" (rien de méchant) ; j'ai l'impression que ça tient à ce dosage : ne pas trop qualifier ce que l'on décrit.
[09/11/11 22:28:28] Olivier Bleys: Il me semble, en général, que les écrivains ne se servent pas assez de leur oreille.
[09/11/11 22:29:06] Olivier Bleys: Quand j'ai commencé à écrire, j'avais — ou je croyais avoir, ne soyons pas présomptueux — une conscience très nette et très aiguisée de la longueur optimale pour une phrase, comme s'il s'agissait de vers comptant un certain nombre de pieds.
[09/11/11 22:29:32] Olivier Bleys: Idem, je sais par quelle sonorité, quelle syllabe devait s'achever la phrase.
[09/11/11 22:30:02] Olivier Bleys: Ce sens musical de l'écriture est un soutien, je crois, lorsqu'on cherche à réaliser l'équilibre que tu décris.
[09/11/11 22:31:02] Olivier Bleys: Il faut parfois s'abstraire de l'idée pour embrasser la phrase dans toute sa matérialité : comment elle sonne, quelle musique elle rend, si les mots, à l'oreille, donc, sont bien accordés les uns aux autres ?
[09/11/11 22:31:45] atelier_Thomas LeGuennic: Je suis d'accord. Ce rythme est fondamental. D'ailleurs, je trouve que certains textes gagnent une toute autre dimension une fois lus à voix haute.
[09/11/11 22:32:14] Olivier Bleys: Les lire à voix haute (rouvrir le " gueuloir " cher à Flaubert) est très révélateur
[09/11/11 22:32:58] Olivier Bleys: Et puis, ce peut être une bonne école d'écrire de la poésie versifiée, même à titre de simple exercice, pour s'habituer à manier des sons plutôt (ou autant) que des concepts
[09/11/11 22:33:13] Olivier Bleys: Je le faisais souvent, adolescent
[09/11/11 22:33:52] Olivier Bleys: Et, voici deux ans, j'ai publié avec un ami peintre un texte entièrement versifié, de diffusion assez confidentielle, " Pilori " (ed. Elytis).
[09/11/11 22:34:00] atelier_Antoine Beaur: C'est interessant, à l'opposé, je crois me souvenir que l'auteur américain Douglas Kennedy avait dit quelques choses à propos d'un équilibre et d'une harmonie visuelle des mots dans la phrase.
[09/11/11 22:34:33] Olivier Bleys: … ce qui conduit vers les jeux typographiques (textes ordonnés comme un dessin, etc.) dont une certaine poésie est familière
[09/11/11 22:34:44] atelier_Antoine Beaur: exact
[09/11/11 22:35:02] Olivier Bleys: Mais, qu'il s'agisse de sons ou d'images, les mots peuvent être trahis par une traduction.
[09/11/11 22:35:26] Olivier Bleys: Tout le savoir-faire d'un auteur dans sa langue risque de disparaître dans ce transport vers un autre idiome
[09/11/11 22:35:57] Olivier Bleys: C'est d'ailleurs une grande inquiétude des auteurs : leur éventuel talent est-il reconnu, ou seulement perceptible en italien, en allemand, en russe ?
[09/11/11 22:36:01] atelier_Antoine Beaur: Il faut se traduire sois même, comme Nabokov
[09/11/11 22:36:20] Olivier Bleys: Position enviable !
[09/11/11 22:36:25] Olivier Bleys: Mais combien s'y risqueraient ?
[09/11/11 22:36:26] atelier_Thomas LeGuennic: Mais quel niveau de langue ne faut-il pas avoir !
[09/11/11 22:36:31] atelier_Antoine Beaur: n'est ce pas ?
[09/11/11 22:36:52] Olivier Bleys: Bon, un autre petit texte ?
[09/11/11 22:36:55] Olivier Bleys: Une consigne, quelques sons émis dans une salle de cours et mon esprit vagabond. Je songe, j'imagine, j'illustre un moment qui n'existe pas encore. Le présent est ailleurs, dans une petite salle de cours, un amphi plus précisément, qui ne ressemble en rien à un amphithéâtre. Une petite extrade pouvant se référer à une scène faisant à peine 1m 50 de profondeur, sur lequel se tiennent un bureau et une chaise, le décor indispensable pour le rôle que joue celui qui tente de nous tenir conscient, présent, attentif, quand l'automne se fait encore beau et rayonnant. Les deux fenêtres qui donnent sur la rue Paul Broca aux huit carreaux par battant sont pour la plupart opaques et sales, ce qui n’empêche en rien la lumière de rentrer. Elle se diffuse silencieusement, rien ne se fait entendre, pas même le bruit des stylos sur les feuilles. Chut, on compose, on réfléchit, on songe. Le visage incliné sur les feuilles on compose. 24 étudiants installés délibérément un peu partout donnant face au tableau, fixé à hauteur raisonnable. Il a servi, pour indiquer une adresse et des mots. L'éponge laissée sur le plateau en bas du tableau, fait penser à ces années passées où école rimait avec éclat de rire.
[09/11/11 22:37:49] Olivier Bleys: C'est, à première lecture (qu'il faudra dépasser), une composition assez scolaire.
[09/11/11 22:38:30] Olivier Bleys: La description, par moments, emprunte son style aux écrits scientifiques : les chiffres et les mesures précises ne manquent pas.
[09/11/11 22:38:44] atelier_Juliette Porte: heu, bonjour à tous (toutes?)
[09/11/11 22:38:49] Olivier Bleys: Bonsoir !
[09/11/11 22:39:07] Olivier Bleys: Il n'y a pas foule, ce soir, mais les discussions n'en sont pas moins riches
[09/11/11 22:39:20] Olivier Bleys: Nous sommes en train de lire ensemble différents textes soumis sur l'observation.
[09/11/11 22:39:24] Olivier Bleys: Le dernier en date :
[09/11/11 22:39:26] Olivier Bleys: Une consigne, quelques sons émis dans une salle de cours et mon esprit vagabond. Je songe, j'imagine, j'illustre un moment qui n'existe pas encore. Le présent est ailleurs, dans une petite salle de cours, un amphi plus précisément, qui ne ressemble en rien à un amphithéâtre. Une petite extrade pouvant se référer à une scène faisant à peine 1m 50 de profondeur, sur lequel se tiennent un bureau et une chaise, le décor indispensable pour le rôle que joue celui qui tente de nous tenir conscient, présent, attentif, quand l'automne se fait encore beau et rayonnant. Les deux fenêtres qui donnent sur la rue Paul Broca aux huit carreaux par battant sont pour la plupart opaques et sales, ce qui n’empêche en rien la lumière de rentrer. Elle se diffuse silencieusement, rien ne se fait entendre, pas même le bruit des stylos sur les feuilles. Chut, on compose, on réfléchit, on songe. Le visage incliné sur les feuilles on compose. 24 étudiants installés délibérément un peu partout donnant face au tableau, fixé à hauteur raisonnable. Il a servi, pour indiquer une adresse et des mots. L'éponge laissée sur le plateau en bas du tableau, fait penser à ces années passées où école rimait avec éclat de rire.
[09/11/11 22:39:46] atelier_Juliette Porte: Oui, je suis désolée d'être en retard, j'essaie de rattraper
[09/11/11 22:40:11] Olivier Bleys: Pour revenir au texte, donc, et malgré mes réserves précédentes, je ne lui en reconnais pas moins une certaine fraîcheur
[09/11/11 22:40:20] Olivier Bleys: Il pourrait traduire le regard d'un enfant
[09/11/11 22:41:04] Olivier Bleys: Vocabulaire simple, tournures rassurantes, images un peu convenues mais solides…
[09/11/11 22:41:22] Olivier Bleys: Une fraîcheur, oui, dans la lignée d'un Prévert ?
[09/11/11 22:41:26] atelier_Thomas LeGuennic: C'est peut-être bête mais je trouve que le fait que ce texte soit livré en un seul paragraphe nuit à sa lecture. J'ai essayé de le relire en découpant un je trouve qu'il révèle un dynamisme qui ne m'avait pas frappé.
[09/11/11 22:41:53] atelier_Juliette Porte: J'ai bien aimé l'alexandrin en plein milieu, c'est une technique classique mais ça marche bien, l'ettention du lecteur est retenue. D'ailleurs vous parliez tout à l'heure de la musicalité des mots.
[09/11/11 22:43:39] atelier_Juliette Porte: En parlant de ça justement, je ne pense pas qu'à la poésir mais aussi aux discours des hommes politiques ou autres, les textes qui n'ont de force que l'orsqu'ils sont pronocés, alors que c'est le contraire pour la fiction. C'est juste une remarque sans grand rapport, je reviens au texte ;)
[09/11/11 22:44:47] Olivier Bleys: La rhétorique était un art que nous avons perdu, mais dont les enseignements se sont diffusés, sans y paraître, chez tous ceux qui font usage d'une parole.
[09/11/11 22:45:08] Olivier Bleys: En effet, un discours écrit vaut rarement grand-chose. Il a besoin de l'incarnation d'une langue et d'une voix !
[09/11/11 22:45:47] Olivier Bleys: Ce texte m'évoque les ouvrages de jeunesse de Colette, souvent des textes de commande, telle la série cosignée avec Willy.
[09/11/11 22:47:36] Olivier Bleys: La langue diffère, bien sûr, mais un même sentiment printanier, primesautier, comme, j'insiste, si nous devions ce texte à un très jeune auteur, imprègne cette observation et les tout premiers romans de Colette.
[09/11/11 22:47:49] Olivier Bleys: Passons à un autre texte, pour finir la soirée ?
[09/11/11 22:48:03] atelier_Antoine Beaur: ouep
[09/11/11 22:48:15] Olivier Bleys: Voici…La petite salle était toute baignée d'un étrange clair-obscur. Il n'y avait nulle lumière au plafond; nul rayon de soleil : juste une timide lueur qui filtrait par les carreaux sales des grandes fenêtres. Les murs, le tableau, les chaises, tout me semblait si gris qu'aucune couleur vive ne voulait percer mon oeil de sa douceur. Le haut jaune aux fibres cotonneuses de ma voisine, juste sous mon nez, devenait terne et d'une couleur pataude sous cette ambiance blafarde.

A l'image de la pièce, mon pull noir d'ordinaire si confortable piquait mes bras nus, comme parcourus par les courses de centaines de fourmis de laine. Le silence s'était fait, seulement brisé par quelques rires étouffés deçà la grande porte de bois, quelques froissements de feuilles, grincements de stylos, éternuements, quintes de toux. Non, tout compte fait, le silence était parti depuis bien longtemps déjà; seul régnait ce léger bruitage lancinant aux accents de respirations étouffées et de cerveaux en création.

Tandis que les mots s'enfuyaient, je me mordillais l'intérieur de la lèvre, déjà amochée par quelques coups de dents agacés. Mes yeux fatigués rendaient la scène floue et mes lignes imprécises; mais mes lunettes restaient sagement sur mon bureau, car leur monture noire intransigeante semblait brider mon univers. La maladie qui depuis quelques temps déjà me taquinait m'assoupissait. J'en rêvais éveillée, de ce sommeil échappé. Cette pièce, ce pull, tout était à l'image de mon esprit désabusé : Triste, passif et malade.

Je ne pouvais m'y endormir, car cette pièce à l'air gris me renvoyait mes pensées désordonnées, au beau milieu de ce silence assourdissant.
[09/11/11 22:50:29] Olivier Bleys: " triste, passif et malade ": cette combinaison de mots vient comme une révélation
[09/11/11 22:50:35] Olivier Bleys: … et donne un sens à tout ce qui précède
[09/11/11 22:50:47] Olivier Bleys: … un sens qui, jusque-là, n'était pas évident.
[09/11/11 22:50:59] atelier_Thomas LeGuennic: Ambiance très cotoneuse, sourde, avec un travail sur l'écriture de la lumière qui contrastent avec l'évocation de sentiments assez sombres.
[09/11/11 22:51:29] Olivier Bleys: @Thomas : c'est vrai. Tu as raison d'insister sur la lumière, car nous sommes dans un clair-obscur de facture clairement picturale
[09/11/11 22:51:36] Olivier Bleys: On songe à Goya ?
[09/11/11 22:51:42] atelier_Antoine Beaur: S't'un rembrandt
[09/11/11 22:51:45] Olivier Bleys: Aussi
[09/11/11 22:51:58] Olivier Bleys: Les impressions sont majoritairement visuelles, mais pas seulement.
[09/11/11 22:52:13] Olivier Bleys: J'aime les notations kynestésiques (sens du toucher), assez rares en littérature.
[09/11/11 22:52:31] Olivier Bleys: kinesthésiques !
[09/11/11 22:52:36] Olivier Bleys: … sans y !
[09/11/11 22:53:15] atelier_Thomas LeGuennic: Finalement, dans tous ces textes, nous n'avons pas vraiment affaire à des descriptions "naturalistes" (je ne sais pas si le terme est bon) : les choses ne sont jamais décrites pour elles-même. Ce sont systématiquement des stimulus qui réveillent les sensations de l'écrivain, à partir desquels des réflexions, des songes, s'élaborent.
[09/11/11 22:53:42] atelier_Juliette Porte: J'aime bien le pull noir associé aux fourmis (rouges!). Un mélange de couleurs et de toucher, je dirais presque synesthésique moi
[09/11/11 22:54:11] atelier_Thomas LeGuennic: Ici, de façon générale, la description ne semble pas évoquer des états intérieurs très joyeux.
[09/11/11 22:54:41] Olivier Bleys: @Thomas : oui, mais d'autres textes que je garde sous le manteau, et que nous n'aurons pas le temps de lire ce soir sont assez naturalistes. Je pense à un, en particulier, que son auteur a lu en séance, et qui décrivait " par le menu " l'état et le fonctionnement de son stylo. Seule la dernière phrase rattachait une impression à ce pur dessin technique…
[09/11/11 22:55:08] atelier_Juliette Porte: je vais peut-être paraître cynique, mais dans un temps limité je trouve souvent plus facile d'acrire un texte triste que joyeux
[09/11/11 22:55:16] atelier_Thomas LeGuennic: Au temps pour moi.
[09/11/11 22:55:21] Olivier Bleys: Pas faux !
[09/11/11 22:55:33] atelier_Juliette Porte: ah oui c'est moi le stylo!
[09/11/11 22:55:53] Olivier Bleys: Le stylo sera pour une autre fois
[09/11/11 22:55:58] Olivier Bleys: Il y aurait pourtant beaucoup à en dire
[09/11/11 22:56:13] Olivier Bleys: Je pense que tu as bien fait de le lire à haute voix
[09/11/11 22:57:02] atelier_Juliette Porte: en fait j'ai fair exprès de ne  pas décrire ce que je ressentais, justement pour ne pas me sentir gênée de le lire à haute voix,
[09/11/11 22:57:21] atelier_Juliette Porte: mais ça ne gêne pas du tout qu'on en parle une prochaine fois!
[09/11/11 22:59:16] Olivier Bleys: S'agissant de la prédominance des textes " tristes ", Il faut considérer certains éléments culturels… Vous appartenez à une génération (c'était déjà mon cas) qui se méfie des bons sentiments et cultive, parfois jusqu'à la nausée, les états dégradés du corps et de l'âme. Certes, ce n'est pas neuf. Mais la figure inverse, celle, solaire, du héros s'est pratiquement absentée de la littérature. Dans les livres, beaucoup plus que dans les films, on ne rencontre plus que des " losers ", des esprits torturés.
[09/11/11 22:59:22] Olivier Bleys: L'avez-vous observé ?
[09/11/11 22:59:41] atelier_Thomas LeGuennic: Tout à fait.
[09/11/11 23:00:02] atelier_Juliette Porte: des esprits torturés oui, des loser, je le dirais pas comme ça
[09/11/11 23:00:16] Olivier Bleys: Autre explication : une règle dramatique, selon laquelle pour qu'il y ait drame (et donc, intérêt du lecteur), il faut qu'il y ait conflit. Si tout va bien dans un monde heureux, avec des gens parfaits, on s'ennuie ferme.
[09/11/11 23:00:28] atelier_Juliette Porte: c'est aussi le cas dans les films, séries (pour ce que je regarde en série ahem)
[09/11/11 23:00:44] atelier_Juliette Porte: et les BD aussi
[09/11/11 23:01:14] Olivier Bleys: oui, mais le cinéma hollywoodien cultive encore quelques héros, quelques surhommes… la littérature le fait moins qu'au temps de Jules Verne, quand il fallait servir des figures positives à la jeunesse de ce temps !
[09/11/11 23:02:01] Olivier Bleys: La BD, en France, accompagne la littérature. Beaucoup de récits introspectifs (Pedrosa, par exemple, parmi les récentes parutions), d'autobiographies, rarement souriantes.
[09/11/11 23:02:16] atelier_Juliette Porte: oui, je suis d'accord en partie, Hollywood cultive les héros américains, mais ce sont quand même des héros américains hérités des séries BDs de Marvel etc., des années 50-60's
[09/11/11 23:02:28] atelier_Kassandra: atelier_Kassandra a quitté la conversation
[09/11/11 23:02:57] Olivier Bleys: Jules Verne était notre Marvel… ou Tintin…
[09/11/11 23:03:03] atelier_Thomas LeGuennic: C'est peut-être aussi parce qu'il y a "recentrage" du discours sur un sujet individuel. Particulièrement dans une certaine tendance de la littérature française contemporaine. Les figures collectives, les récits picaresques, etc. me paraissent assez absent. Du coup, c'est vrai que les éléments problématiques doivent être cherchés dans les états intérieurs du narrateur.
[09/11/11 23:03:53] atelier_Juliette Porte: Oui, et quand je disais BD, je pensais par exemple aux différences entre Tintin ou je ne sais pas, le héros de formule 1 comment il s'appelle déjà (peu importe) et Largo Winch, XIII, Thorgal
[09/11/11 23:04:18] Olivier Bleys: @Thomas : littérature française, c'est bien de le préciser. Nous avons abandonné aux Anglo-Saxons (pour l'essentiel) les récits picaresques, les épopées remuantes dont, un ou deux siècles plus tôt, les lecteurs d'ici faisaient aussi leur miel.
[09/11/11 23:04:19] atelier_Thomas LeGuennic: (Michel Vaillant)
[09/11/11 23:04:32] atelier_Juliette Porte: aaaah merci!
[09/11/11 23:05:05] atelier_Thomas LeGuennic: C'est vrai que les anglo-saxons ont une capacité à écrire des textes "barrés" que je n'imaginerai pas en France (Pynchon par ex.)
[09/11/11 23:05:32] Olivier Bleys: Je crains de ne pas me montrer héroïque, ce soir. Il se fait tard et mon ventre crie famine. Nous lirons d'autres textes la prochaine fois…
[09/11/11 23:05:56] atelier_Antoine Beaur: pas de problème.
[09/11/11 23:06:00] Olivier Bleys: … peut-être pas tous, car votre production est abondante !
[09/11/11 23:06:06] atelier_Thomas LeGuennic: Très bien.
[09/11/11 23:06:21] Olivier Bleys: Je vous souhaite donc une bonne fin de soirée, j'espère accompagnée d'un livre !
[09/11/11 23:06:33] atelier_Antoine Beaur: of course
[09/11/11 23:06:40] Olivier Bleys: A bientôt, bonne nuit  (wave)
[09/11/11 23:06:43] atelier_Antoine Beaur: Bonne soirée
[09/11/11 23:06:47] atelier_Thomas LeGuennic: Bonne soirée
[09/11/11 23:07:09] atelier_Juliette Porte: d'accord (remarque en passant: considérons qu'on est un héros collectif. Même dans ce groupe, les individus ont des failles qui se révèlent au cours de la lecture! ;)
[09/11/11 23:07:17] atelier_Juliette Porte: bon appétit!